Où sont les plaisirs nobles dans ta vie ?
La recherche du plaisir noble et nourrissant est essentielle pour éviter les comportements compulsifs et les addictions. En privilégiant des activités qui nous apaisent et nous ressourcent vraiment, nous pouvons retrouver une connexion plus authentique et équilibrée avec nos désirs.
Durée : 22 minutes
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Transcription
Tu me diras ce que tu en penses, mais de ma propre expérience et ce que j'ai pu observer chez moi, j'ai l'impression que je ne vis pas, je ne m'autorise pas à vivre assez de plaisirs nobles, de plaisirs qui sont rassasiants et nourrissants, et qui ne sont donc pas corrélés à des activités trop stimulantes. Et c'est pour cette raison qu'on peut avoir tendance à avoir des comportements compulsifs, des addictions et des activités qui sont en partie source de plaisir, mais trop intense et trop stimulant, des activités qui ne sont pas rassasiantes justement, qui nous vident de notre énergie plutôt que de nous nourrir et nous donner de l'énergie. Et il faut comprendre ça, je pense, pour un jour être libéré des comportements compulsifs, des addictions. Tu ne peux pas espérer t'en libérer juste par la force de la volonté et une discipline. Il faut que tu gardes le plaisir, tu ne peux pas te passer du plaisir dans la vie. Mais il faut qu'il soit noble et nourrissant. Gardons bien ces mots-clés. Un plaisir noble, c'est un plaisir qui est nourrissant, qui est rassasiant. Et en principe c'est corrélé au fait que ce n'est pas trop stimulant.
On peut donner un exemple tout bête, dessiner par exemple. Après il faut que tu aimes ça, il ne faut pas que tu te forces. Mais moi j'aime bien dessiner, je ne le fais pas souvent. Je l'ai très peu fait dans ma vie d'adulte, mais à chaque fois que je l'ai fait, je sentais que c'était très satisfaisant. Et je ne le faisais dans aucun but précis, c'était juste... je dessinais pour moi. C'était calmant, c'était agréable. Je réalisais que je savais mieux dessiner que ce que je pensais. Et ça c'est un parfait exemple. Si je ne l'ai pas fait souvent, trop rarement, alors que j'apprécie ça, c'est justement parce que je suis encore un peu déséquilibré, que j'ai encore un peu tendance à préférer des activités qui sont plus stimulantes. C'est aussi peut-être un peu dans ma nature. Mais j'ai besoin, ça me calme, ça m'équilibre de pratiquer des activités qui sont lentes, qui forcent plus de conscience en quelque sorte, et qui m'amènent dans l'instant présent, qui sont aussi plus... qui m'amènent à l'élément terre et à l'eau. D'ailleurs, j'adore être dans l'eau. Et j'adore aussi mettre les mains dans la terre. Quand je fais de la cuisine, ou surtout quand je pétris de la pâte, c'est toujours super satisfaisant. Donc c'est important d'être conscient de quelles activités nous procurent ce type de plaisir, subtil, mais nourrissant et vraiment agréable.
La différence aussi entre les plaisirs qui sont nobles, nourrissants, et les autres qui sont plutôt des addictions, c'est dans le mot : qui ne sont pas rassasiants, justement. Les autres activités qui ne sont pas rassasiantes, comme se masturber, regarder des vidéos, quelles qu'elles soient, surtout les formats courts, les formats un peu stimulants, excitants, si ce n'est pas nourrissant, c'est ce qui fait que c'est addictif. C'est comme le sucre. On en veut encore. On n'est pas rassasié. Donc je pense que c'est important de s'offrir ces...
Si je reprends l'Ayurveda, il y a les 4 buts légitimes de l'existence humaine qui sont... le premier, c'est Kama. C'est le plaisir, justement. Mais des plaisirs qui sont conscients, qui sont nourrissants. On peut mettre le sexe là-dedans, évidemment. Mais seulement si c'est conscient. Parce que si tu pratiques une activité sexuelle, mais qu'elle est axée sur l'excitation, la recherche de dopamine justement, ça ne va pas être rassasiant. Et ça ne va pas être nourrissant. Ça va te vider de ton énergie. Et tu en voudras encore et encore et encore.
J'avais un bon exemple. Au début, je l'avais mis dans mon livre, et après je l'ai supprimé parce que j'estimais que ce n'était plus nécessaire pour illustrer ce dont je parlais dans ce chapitre-là. Mais peut-être que je vais faire un nouveau chapitre dans la première section du livre qui explique les différents angles, les origines, les différentes sources de ce problème, de la difficulté de préserver l'énergie sexuelle et les tendances à l'addiction au sexe, etc. Ce serait un chapitre qui parlerait simplement de ce manque de plaisir dans notre vie. Paradoxalement, parce que les personnes concernées vivent du plaisir, mais avec trop d'intensité. Plutôt tourné vers les addictions.
Dans l’exemple que je donnais, peut-être que je vais le réutiliser... C'était Tiger Woods, ce champion de golf. On peut se dire : ce mec, il est multimillionnaire, il joue au golf, donc il kiffe, non ? Il doit vivre assez de plaisir dans sa vie comme ça. Et il a été... quand sa vie privée a été révélée, c'était en fait un gros addict du sexe. Évidemment, il avait des moyens, donc il ne faisait pas ça devant un écran mais avec des femmes. Mais c'était excessif et ça foutait la merde dans sa vie. C'était vraiment un gros problème. Et quand on creuse, on apprend qu'il a été en quelque sorte formaté par son père qui était son coach, au départ, quand il était gamin aussi, pour le golf. Et il était super sévère son père. Donc il a manqué d'amour de ses parents. Je crois qu'avec sa mère aussi, ça n'était pas terrible, elle n'était pas cool, probablement pas très féminine. Il a manqué de cet amour. Donc le golf, ce n'était pas forcément une partie de plaisir pour lui. Sûrement qu'il aimait quand même un petit peu au début, mais il a été poussé là-dedans. Peut-être que si c'était que pour lui, il n'aurait jamais été golfeur professionnel.
Il y a beaucoup de personnes qui sont dans cette situation, même dans la musique par exemple, qui commencent une carrière en faisant quelque chose qu'ils aiment. Mais après ça tourne mal, ça devient... ce n'est plus du plaisir parce qu'il y a une autre dimension qui est là avec l'argent. On associe ça à notre confort matériel, et après on doit faire des compromis et on perd en authenticité par exemple.
L'idée, c'est de faire une liste des choses que tu as déjà faites dans ta vie qui t'ont procuré du plaisir et qui sont méditatives : dessiner, peindre, faire des vidéos peut-être. Pour moi c'est un plaisir. Suis ta curiosité aussi. S'il y a des trucs que tu n'as jamais faits mais qui attisent ta curiosité, autorise-toi à les essayer. Ce que tu vas constater au début, très probablement, c'est une sorte d'agitation parce que l'activité n'est pas assez stimulante. Peut-être que tu n'auras pas une gratification instantanée. Si tu décides de dessiner, alors peut-être que tu as la chance, si tu as un certain talent déjà, tu renoues avec ton talent ou tu découvres que tu as un certain talent. Je ne sais pas si on peut arriver... on a 20, 30 ans, 40 ans, on dessine pour la première fois puis on se rend compte qu'on dessine bien. Peut-être ça arrive, je ne sais pas. Mais je pense que pour la plupart des gens, il faut quand même une certaine pratique. Mais je ne sais pas, pas forcément, ça dépend de l'œil, ça dépend de la sensibilité. Je pense qu'on peut, comme moi, être surpris. Moi j'avais dessiné avant d'avoir 25 ans quand j'ai repris un petit peu ça. Mais quand j'étais gamin, je ne dessinais pas spécialement bien. Donc je pense que c'est une question de sensibilité plutôt, et le regard qu'on a, et les attentes qu'on a aussi.
Peut-être que sur le dessin on n'a pas forcément d'attente, on n'a pas besoin d'attendre quelque chose. Peut-être qu'on va surprendre. Mais peut-être qu'on va être déçu parce qu'on s'attendait à savoir dessiner sans avoir jamais dessiné. Mais l'idée c'est juste de se donner le droit de pratiquer quelque chose pour le plaisir et l'exploration. Ce n'est pas d'avoir à exceller dans quelque chose, ni même de progresser dans quelque chose. Bien sûr, dans la vie d'adulte, c'est important la progression et cetera. C'est notre dharma. Mais avant même de parler de dharma, de vocation, de progression, peut-être aussi la progression dans quelque chose, c'est notre vocation, potentiellement. Ça peut être notre vocation. Progresser dans un métier pour exceller dans ce métier. Ou dans un art, peu importe. Mais avant même toutes ces considérations, c'est simplement se donner ce droit en tant qu'humain, se permettre du plaisir. C'est trop précieux, trop important. Trop essentiel, notre vie. Qu'on ne peut pas passer à côté de ça, surtout quand on est jeune et qu'on peut faire le bilan d'une vie dans laquelle il n'y a pas assez de plaisir. Si on arrive à 80, 90 ans et qu'on a le privilège d'arriver à cet âge-là, si on a été beaucoup dans la peine, c'est certain qu'on n'a pas assez vécu de plaisir noble. C'est triste.
Quand on est gamin, on vit beaucoup ça. Maintenant, de moins en moins parce que les gamins, ils ont un smartphone, des tablettes, des trucs de fous, et ça ne va pas les aider justement, parce qu'ils vont développer très tôt cette addiction aussi à ces plaisirs intenses, là tout de suite, et immédiatement gratifiants. Mais heureusement, dans la plupart des cas, c'est limité par les parents, donc ils ont des moments où ils s'ennuient. Et c'est là où ils vont finalement explorer, jouer avec la vie, le monde, explorer ce qui les intéresse. Peut-être qu'ils vont prendre des feuilles et dessiner. Ils vont peut-être ramasser des trucs dehors et inventer des trucs. Alors que nous, quand on est adulte, pour la plupart d'entre nous, on perd ça parce qu'on a un travail qui nous prend beaucoup d'énergie, et surtout si c'est pas un travail qui nous satisfait, qu'on n'aime pas. On perd de l'énergie, donc on rentre à la maison et on n'a pas vraiment la motivation de faire quoi que ce soit d'autre et de nourrir les autres buts légitimes de l'existence humaine. Et en tant qu'adulte, on a des responsabilités aussi. On va se marier ou se mettre en couple avec quelqu'un. On va avoir des gosses. On doit gérer tout ça. On doit faire les courses, les factures. On va mourir. On a la vie d'adulte, c'est différent de la vie d'un gamin.
Mais même en tant qu'adulte, kama, le plaisir, c'est toute notre vie qu'on doit se le permettre. Et dans l'idéal, on arrive à développer les autres buts légitimes. Mais le premier, c'est vraiment kama. C'est super important de vivre le plaisir avant tout. Le deuxième, c'est artha. C'est les ressources. Donc il faut qu'on puisse s'habiller, qu'on puisse avoir à manger, donc il faut de l'argent pour ça dans notre monde. C'est avoir un toit, etc. Et puis il y a la vocation ensuite, dharma.
Mais idéalement, on vit déjà du plaisir quand on a les ressources nécessaires. Moi, quand je vais faire les courses, j'ai... ce n'est pas forcément toujours agréable d'aller faire les courses, mais je sens quand même ce plaisir, cette satisfaction, parce que je réponds à ce but légitime qui est de me procurer les ressources vitales nécessaires pour ma survie et un certain confort. Et donc je ressens cette satisfaction quand je vais faire les courses, quand je rentre, quand je range mes courses et que je sais : ok, j'ai les ressources alimentaires à la maison. Et donc artha est connectée à kama de cette manière-là.
Et le dharma, la vocation, ça c'est un point important, on peut en faire une vidéo juste pour ça, mais c'est connecté à cette idée de plaisir et de satisfaction. La vocation, tu ne la trouves pas forcément tout de suite. Ce n'est pas forcément ton job actuel. Peut-être c'est quelque chose d'autre. Mais une fois que tu arrives à vivre ta vocation... Et la vocation n'est pas forcément connectée... tu peux avoir un job alimentaire, donc ça te permet... ce job alimentaire, il serait plutôt classé dans le but légitime artha, les ressources. Il te permet d'avoir les ressources nécessaires pour vivre et continuer à vivre aussi le plaisir, et potentiellement ça te permet de soutenir ta vocation qui n'est pas forcément attachée à un revenu, à de l'argent.
Peut-être ta vocation... je ne sais pas... peut-être moi, je fais ces vidéos, peut-être c'est ma vocation, probablement. Faire ces vidéos, cette chaîne, c'est ma vocation. Les livres que j'écris, ça fait partie de ma vocation. Est-ce que ça va me rapporter de l'argent ? J'espère, mais je ne suis pas sûr. Mais je ne le fais pas pour ça. Sinon je ne mettrais pas mon énergie là-dedans. Peut-être... J'espère aussi, je pense que je ne peux pas vivre... ou peut-être que oui, ça dépend, mais pour moi, je pense que c'est vraiment important que je vive de ma vocation ou d'une vocation. Mais peut-être que je ne vais jamais faire d'argent grâce aux vidéos ni peut-être à mes livres, ou pas beaucoup, je ne sais pas. Et qu'en fait c'est une autre partie de ma vocation, une autre activité liée à ma vocation qui serait peut-être les consultations en ayurveda, en personne. Peut-être des ateliers et puis mon activité de thérapeute qui n'est pas encore vraiment bien lancée. Peut-être ce sera ça qui va me soutenir. Ça fera aussi partie de ma vocation, mais il y aura d'autres activités de dharma, de vocation, comme ces vidéos et les livres, qui peut-être ne rapporteront pas d'argent.
Mais on peut imaginer, je ne sais pas, je pourrais être employé de la poste, travailler à 50%, et juste tourner avec un véhicule électrique tous les jours pour poster les courriers. Et ça m'apporte mes ressources. Mes ressources, elles peuvent venir... je peux obtenir des aides aussi, aides sociales ou quoi. Ça peut faire partie de mes ressources. Mais à côté, ma vocation, mon dharma, c'est autre chose. Et ça... mais tout est connecté. Mon salaire d'employé de la poste, ça peut... ça me permet d'avoir mes ressources et de soutenir mon activité de vocation.
Donc la conclusion... Il y a l'autre chose que je voulais dire aussi, c'est que je pense que tous les mecs, on peut dire tous les mecs qui ont un problème d'addiction, c'est des mecs qui à la fin de la journée ne sont pas profondément satisfaits de leur journée. Il n'y a pas eu assez de plaisir, de plaisir noble. Et donc ils ont ce besoin légitime, ce but légitime, ce besoin légitime de plaisir. Et puisqu'ils n'en ont pas assez... si je me mets dans la situation : je rentre chez moi, je ne suis pas satisfait de ma journée, je suis fatigué, je n'ai pas assez d'énergie. Je pourrais me poser 30 minutes et dessiner, c'est faisable. Mais c'est plus facile de regarder des vidéos, de faire une branlette. Et on a un plaisir intense et immédiat et puissant qui est là, qu'on peut obtenir tout de suite. Donc forcément qu'on va tendre vers ça. Tout le monde fait ça. Le cerveau, il est fait pour ça. Il économise de l'énergie. Donc si c'est trop d'énergie de se poser pour dessiner... alors qu'en fait ça ne demande pas vraiment d'énergie, mais c'est juste que le cerveau, il veut optimiser : ok, comment obtenir du plaisir le plus vite possible, la dopamine, me sentir bien et honorer ce premier but légitime de la vie ? Eh bien c'est des activités qui offrent une gratification instantanée.
Mais si, avant de commencer ta journée, avant d'aller au boulot… Est-ce que tu peux commencer ta journée en te faisant plaisir, non pas en regardant une vidéo X, mais un plaisir noble ? Est-ce que tu peux faire 10 minutes... je ne sais pas... si tu aimes danser, tu peux danser dans ta chambre pendant 10 minutes, dans ton salon, avant de commencer ta journée et d'aller au boulot. Tu peux écouter, en restant allongé, ton morceau préféré. Et est-ce que tu peux avoir des moments comme ça dans la journée, d'autres petits moments où tu te procures du plaisir aussi, du plaisir noble ?
Est-ce que tu peux construire une vie, en fait, où toute ta journée c'est de la satisfaction pratiquement ? Ton boulot, c'est ta vocation, c'est ta satisfaction. Est-ce que tu veux pianoter, je ne sais pas, faire un petit dessin avant de commencer la journée de travail, gratter un peu ta guitare ? Il y a plein de choses quand même qui sont des sources de plaisir, peut-être pas instantanées, autant que d'autres activités qui sont trop stimulantes, mais tu vois où je veux en venir.
Mais après, tu peux aussi, si tu arrives à faire ça, quand tu rentres du boulot, tu te lances dans une activité pendant 30 minutes ou quoi, qui est un plaisir noble. Mais c'est clair que c'est difficile si tu rentres fatigué, tu n'aimes pas ton job, tu n'aimes pas les gens, il y a une mauvaise énergie autour de toi. Ça va te ramener vers le bas.
Bon, ça n'a pas besoin d'être plus long, j'ai dit ce que j'avais à dire, je crois. Dis-moi qu'est-ce que tu en penses, si tu penses que ça mériterait d'en faire un chapitre. Je pense que oui quand même dans le livre. Mais il y en a déjà un qui parle un peu de ça mais qui est un peu plus long dans la deuxième section, où je parle un peu d'une solution en quelque sorte, qu'est-ce qu'on peut faire, le chemin vers la liberté. Et là je parle de... il y a un chapitre qui s'intitule "Remplacer nos sources de dopamine". Donc c'est exactement de ça que je parle. Peut-être qu'en ayant exprimé ces choses dans cette vidéo, ça va me donner une nouvelle façon de raconter ça dans le livre. Mais l'idée c'est ça, c'est de remplacer des sources de plaisir et de dopamine qui sont trop intenses, stimulantes, et qui te vident de ton énergie, par des sources de plaisir et de dopamine qui sont douces, qui sont médicinales, moins intenses, nourrissantes, rassasiantes, et qui te donnent de l'énergie.
Sur ce, lâche ton commentaire, fais des suggestions pour les prochaines vidéos, et à bientôt. Ciao.
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